samedi 4 juillet 2020

"Ne laissez jamais une bonne crise se perdre" Wiston Churchill




c'est à cette citation prononcée par l'illustre Premier Ministre Britannique du sortir de la seconde guerre mondiale, que j'ai pensé, en lisant la récente sortie du Président Nigérian sur twitter, au sujet de l'eco. 

Churchill prononça ces mots lorsqu'il travaillait avec les leaders occidentaux alliés, à l'édification de l'Organisation des Nations Unies. 

A l'époque, tirant les leçons du désastre des conflits mondiaux, ces leaders furent inspirés par la mise en place d'institutions multilatérales, avec pour ambition sous-jacente de contenir les velléités conflictuelles futures. 

 C'est ainsi qu'à l'époque, ils sont parvenus à mettre en place les institutions de Bretton Woods qui ont eues pour effet, aux côtées des Nations Unies, de pacifier le monde, pour quelques décennies aumoins. 

Les tensions géopolitiques actuelles, marquées par le replis depuis 3 ans du leadership américain, et l'émergence de nouveaux pôles d'influence ne correspondant plus à la réalité qui prévalait au moment de la fin de la seconde guerre mondiale, viennent remettre en question le model multilatéral, lequel nécessite des réformes de fond au sein de ses institutions phares, pour continuer à servir à la prévention des conflits mais aussi et surtout, à la résolution des problématiques globales telles que le réchauffement climatique. 


Cette citation "Churchillienne" traduit aussi et surtout le fait qu'une crise, de quelque nature, de quelque origine et de quelque contexte que ce soit, représente une opportunité à saisir pour opérer des changements de fond dans les systèmes de fonctionnement.

Les crises doivent donc permettre, si les uns et les autres ont le réflexe opportun, de transformer, corriger les facteurs de conflits, d'inertie, de gaspillages, afin de liberer les energies, favoriser le progrès vers l'atteinte des objectifs structurels notamment. 

Avoir le réflexe opportun, c'est de se dire, en tant que leader, que la crise à laquelle l'on fait face, est l'occasion de redoubler d'efforts dans la reflexion, l'innovation, afin de faire émerger des solutions nouvelles pour consolider les acquis.


Concentrons-nous sur la géopolitique régionale. Celle de l'Afrique de l'Ouest. La CEDEAO. Qu'a dit le Président Muhamadou Buhari?

Lisez: "J'ai l'impression que la zone UEMOA souhaite adopter l'eco en remplacement son franc CFA avant les autres Etats membres de la CEDEAO. Il est préoccupant que ceux avec qui nous souhaitons entrer dans une union  fassent des pas importants sans nous faire confiance pour en discuter." 

"Le Nigéria soutien pleinement et s'engage en faveur d'une union monétaire avec les bons fondamentaux (une union qui donne la garantie de la crédibilité, la durabilité et la prospérité et la souveraineté régionale globales.)  Mais nous devons faire les choses correctement et garantir le respect des normes fixées." 

"Nous devons également communiquer efficacement avec le monde exterieur. Nous avons tous tellement misé  sur ce projet pour laisser les choses à la simple commodité et à l'opportunisme."

"Nous devons procéder avec prudence et nous conformer au processus convenu pour atteindre notre objectif collectif, tout en nous traitant mutuellement avec le plus grand respect. Sans cela, 
 nos ambitions pour une union monétaire stratégique en tant que bloc de la CEDEAO pourraient très bien être gravement compromises." 

Les termes sont clairs. Le Nigéria, de loin la première puissance de la zone, "tape du point sur la table" au regard de l'attitude de la Côte d'Ivoire, qui a vue en l'eco, une opportunité politique de continuer à faire du CFA sans le CFA. 

Notre objectif ici n'est pas de commenter les propos du Président Nigérian, ni l'attitude de la Côte d'ivoire. 

L'ambition est de montrer à travers cet exemple précis, ce que représente une crise diplomatique et le potentiel qu'elle revêt de sortir du statut quo. 

Le Nigéria saura-t-il être à la hauteur du leadership régional requis afin de redonner un souffle nouveau à l'intégration régionale, mise à mal par ce qui apparaît comme étant une crise de confiance entre les acteurs? 

L'esprit de responsabilité voudrait qu'il s'y investisse de manière energique, volontariste afin de sauver les meubles de ce qui est considéré en Afrique comme le modèle en matière d'intégration régionale. 

C'est une opportunité de redonner un souffle politique à la construction de la Cedeao, tant et aussi longtemps que les leaders Ouest Africains le voudront.

En ma qualité de citoyen de cet espace, je me sens interpelé par la question. J'attire l'attention de toute autorité ouest africaine fondée de pouvoirs et d'influence, d'œuvrer à faire de cette crise, une opportunité de renforcement de notre intégration, en ne la laissant pas s'éfritter au profit de la tentation  du repli souverain des Etats. 

Abdoulaye Diallo

Emaildialloabdoulaye@gmail.com









lundi 27 avril 2020

Développement économique: développer un écosystème de leaders efficaces!



Depuis les indépendances il y a une soixantaine d'années, les Etats africains ont essayé plusieurs recettes supposées stratégiques pour améliorer leurs performances en matière de developpement économique.

Le bilan est extrêmement contrasté. L'Afrique regorge encore beaucoup de pays dans les rangs de ceux qui sont sous-dévelopés alors que certains pays d'Asie qui partageaient les mêmes caractéristiques qu'eux il y a soixante ans, rivalisent aujourd'hui avec certains Etats developpés en matière de performances économiques.

En effet, sur 47 pays moins avancés dans le monde en 2017, l'Afrique en comptait 47.

La Pandémie du Covid 19 est venue révéler des tendances encores plus étonnantes notamment pour ce qui est des choix stratégiques opérés par certains pays asiatiques.

 La Corée du Sud, Taiwan et le Vietnam pour ne citer que ceux-ci, ont su, en matiere de leadership, prendre très en amont, des initiatives stratégiques qui se sont révélées prolifiques en matière de maîtrise de la propagation du virus, contrairement à certains pays occidentaux. Fermons la parenthèse du Covid-19.

On parle souvent de la nécessité de developper l'éducation dans les pays africains, comme exigence fondamentale pour atteindre le developpement.

Des écoles, universités sont construites. Pourtant, le nombre de jeunes chomeurs est aux alentours de 60% en Afrique.

Le continent ne créé pas assez d'emplois. Une des raisons à cela peut être la faiblesse du taux de survie des entreprises crées en Afrique.

Un article de Jeune Afrique nous apprend qu'au Cameroun par exemple, plus de 70% des entreprises créées entre 2010 et 2015, n'ont pas survécu au mois de mai 2016.

Les facteurs expliquants cette situation sont le manque d'assistance, la peur, quête du gain facile, mauvais encadrement. Il y a un terme, un concept que l'on entend pas souvent ou alors peu dans le diagnostic que l'on pose: le développement du leadership ou dit autrement, l'acquisition d'un certain nombre de competences interpersonnelles essentielles à la direction d'une organisation et partant, des femmes et des hommes qui la composent.

POURQUOI LE DEVELOPPEMENT DU LEADERSHIP DOIT ÊTRE AU CENTRE DES EFFORTS D'AMÉLIORATION DES PERFORMANCES ORGANISATIONELLES ?


En 2015, le cabinet international McKinsey sitpulait que "plus de 90% des chefs d'entreprises planifient d'accroître leurs investissements en matière de développement du leadership parce qu'ils estiment que c'est le seul élément le plus important parmis les défis en termes de capital humain auxquels leurs organisations sont confrontées."

Et le cabinet de poursuivre en affirmant ceci: " ils ont bien raison de le faire car nos recherches montrent très souvent qu'une bonne pratique du leadership est un vecteur critique de la santé organisationnelle, et donc utile pour le retour d'investissement aux actionnaires."

On voit donc dans la phrase précédente que les actionnaires et les managers dans les grandes entreprises, n'accordent pas de l'importance à la pratique d'un leadership saint, uniquement pour des considérations altruistes.

C'est essentiellement parce-que le lien entre cette pratique garanti le retour sur investissement.

Oui, ils se sont rendus compte que dépenser de l'argent pour apprendre à un simple superviseur les compétences interpersonnelles requises pour gérer de manière optimale les employés qu'il a sous sa responsabilité, est determinant pour que ces employés remplissent leur mission comme cela est attendu d'eux et mieux, maintiennent un bon niveau de performance.

Aussi, si la centaine de superviseur est formée au processus de fixation de performances en conformité avec les objectifs organisationnels et aussi en matière de revue de performances et d'application des politiques et procedures administratives en la matiere, cela conduit à une uniformisation des pratiques manageriales dans le sens voulu par le management et les actionnaires et conduit à plus de prévisibilité, d'homogénéité et de croissance durable de la performance organisationnelle et financiere de l'entreprise.

Si cela est vrai pour les entreprises, ça l'est forcément pour toute autre organisation qu'elle soit étatique ou associative.

QUE PRÉCONISE MCKINSEY ?

Eh bien comme il est de coutume chez eux, ils ont réalisé une étude.

Pour cela, riches de leur apprentissage sur la thématique, ils ont identifié une serie de 20 compétences. Parmis elles, se sont distinguées 4 qui sont les plus pratiquées au sein des organisations dont les équipes appliquent un leadership qualifié de "grande qualité."

Pour cela, ils ont interrogé 189.000 personnes au sein de 81 differentes organisations à travers le monde.

Ces 4 compétences selon le Cabinet, expliquent à elle seules, 89% de la variance entre d'un côté les organisations qui ont d'excellentes pratiques en leadership et celles qui ne sont pas effectives en la matière.


1. Résoudre efficacement les problemes.

Cette compétence est considerée comme essentielle. Elle soutient que les problemes auxquels l'organisation fait face aucours de son existence doivent être abordés dans une approche méthodique, structurée, necessitant de la collecte, de l'analyse et de l'interprétation de l'information, afin de s'assurer que les solutions mises en avant soient effectives, efficientes et surtout durables.

2. Opérer dans une logique forte de production de résultats.

Pour Mckinsey, en plus de dessiner une vision, de la vulgariser, de fixer des objectifs pour son atteinte, le leadership c'est aussi et surtout une question de suivi. Suivre la mise en oeuvre des objectifs, corriger la barre lorsque besoin s'en faut, est une compétence cruciale. Les leaders qui disposent de cette compétence selon le cabinet, sont ceux qui donne la priorité à l'efficience, à la productivité.


3. La quête perspectives différentes.

Les leaders qui se prévalent de cette compétence sont celles et ceux qui accordent, selon McKinsey, une attention particulière, un suivi régulier des tendances qui impactent leurs orgsnisations; saisissent les changements dans leur environnement; encouragent leurs employés à la soummission d'idées d'amélioration de la performance; font la différence de maniere précise entre ce qui n'est pas important et ce qui l'est; et sont attentifs de maniere non disproportionnée, aux attentes des parties prenantes.

L'analyse large et profonde est la base sur laquelle reposent leurs décisions, afin d'éviter les biais.

4. Supporter les autres.

Ces leaders là qui suportent les autres sont empathiques.

En d'autres termes, ils savent ressentir les émotions des autres. Ils construisent des liens de confiance en mettant les autres et ce qui est important pour eux en avant, en résolvant leurs problèmes et en les inspirant et aidant à faire face à leurs défis respectifs.
Ils préviennent et ou résolvent les conflits de mankère constructive au sein de leurs équipes; ils rassurent par rapport aux menaces exterieures.

McKinsey a conclu son étude en stipulant que loin d'elle l'idée selon laquelle ces 4 éléments susmentionnées suffisent à boucler la boucle du développement des compétences en matière de leadership. En revanche, elle estime que toute organisation qui en ferait le point de depart, serait sur la bonne voie.


AD

emaildialloabdoulaye@gmail.com














dimanche 26 avril 2020

Quelle definition du leadership organisationnel?

Pour Bob Pozen, Président Émérite de MFS Investment Management un bon leader se définit ainsi qu’il suit : « ….En tant que leader mon rôle est de m’assurer que mon équipe dispose des ressources nécessaires, les guider et les aider à mener les « batailles » avec leurs pairs dans l’entreprise. Leurs unités respectives.

Pourquoi? parce que chaque employé a le besoin de sentir qu’il est en charge, qu’il est responsable de quelque chose.

En plus de fixer des priorités, le leader efficace doit aussi mobiliser l’entreprise, son département, son service dans leur atteinte.

Toutefois, ceci ne sera une réalité que si les employés ont le sentiment qu’ils sont en charge de quelque chose, qu’ils sont responsables de quelque chose bref, c’est le sentiment d’appartenance.

 Mais comment susciter ce sentiment là en eux ? En ne décrivant pas en détail les tâches. En effet, il vaut mieux présenter un certain nombre de priorités d’ordre générales et laisser le soin aux employés de formuler des voies spécifiques pour leur atteinte.

 Un élément important : il ne faut pas oublier de leur demander eux-mêmes les indicateurs de succès par lesquels ils doivent être évalués…»

 Dans une de mes innombrables lectures sur le leadership, une réflexion d’un acteur dont j’ai omis par maladresse de relever le nom, stipule : «No leader is perfect. The best ones do not try to be: they concentrate on their strength and find others who can make up for their limitation. The sooner leaders stop trying to be all things to all people, the better off their organization will be. »

 Ceci nous enseigne qu’un bon leader doit se percevoir comme étant incomplet (dans le sens où il a des forces et des Faiblesses). Ce n’est qu’ainsi qu’il peut combler les compétences qui lui manquent en s’entourant des personnes qu’il faut. Plus un leader arrête de chercher à tout faire à la place de tout le monde, meilleure se portera son organisation. Dans le monde d’aujourd’hui, le boulot d’un leader ne se limite plus à commander et contrôler mais à cultiver et coordonner les actions des autres à tous les niveaux au sein de l’organisation. Il n’est pas cet être qui puisse rester au top niveau de tout. Mais le mythe du leader parfait hyper compétent (et la peur sous-jacente d’apparaitre imparfait) conduit certains patrons à ne chercher qu’à accréditer cette thèse, ce qui a pour conséquences de les "embourber" dans leur démarche et partant, de nuire considérablement au bien des organisations qu’ils ou elles dirigent.

 Le bon leadership c’est une série de 4 éléments :

 1. Avoir du sens, du flair, du jugement, afin de comprendre le contexte dans lequel une organisation et ses ressources humaines opèrent.


 2. Relationnel : construire des relations solides au sein de l’organisation dans laquelle on évolue et même en dehors.


 3. Vision : Avoir une bonne représentation du futur.


 4. Innover : c'est-à-dire développer de nouvelles méthodes permettant d’atteindre la vision que l’on a. 

mardi 3 décembre 2019

Experience client: les entreprises guinéennes ont elles conscience de l'enjeu?




 Un jour, il y a 3 à 4 ans environ, me promenant dans les allées du marché de Taouyah à conakry, la veille d'un jour de fête, les mains chargées de courses, il me restait quelques kilos de riz à payer.

J'achetai ce riz pour me conformer à la tradition religieuse musulmane qui veut qu'un père de famille offre 1kg de riz par membre de sa famille, en aumône.

Je passa une commande de 4 kg. Car j'ai une épouse et 2 enfants. La dame auprès de laquelle j’ai acheté le riz, visiblement empathique, m'a proposé, en dépit de la grossesse avancée qui était la sienne, de porter les 4 kg jusqu'à mon véhicule.

 Malgré mon insistance de ne pas souscrire à son service à cause de son état, elle insista en me disant ceci en langue locale soussou : « client, tu es mon client, si je ne te mets pas à l'aise, est ce que tu vas revenir vers moi la prochaine fois? »

Pour une personne comme moi, qui est alerte sur ces questions de service client, d'amélioration et j'en passe, c’était le comble du bonheur. Je passais mon temps a relever la piètre qualité de service que l'on reçois dans la majorité des entreprises guinéennes et de filiales de grands groupes internationaux évoluant dans les secteurs pétroliers, bancaires notamment.

 Ici, mon expérience magnifique était avec une femme entrepreneur dans le secteur informel.

Une personne visiblement pas lettrée dans le sens « aller à l'école » du terme, mais qui avait, sans avoir fait les plus grandes écoles de commerce du monde, la connaissance d’un élement central dans la vie des affaires : le client et l'exigence de n'avoir pour principal souci que sa satisfaction car lorsque les clients sont satisfaits, l’argent suit.

Il n'y a aucun doute là-dessus. D'ailleurs, Bob Proctor, dans son livre intitulé « you were born rich » nous apprend qu’une des lois naturelles qui gouverne la richesse est celle-ci : l'argent est un serviteur et nous somme son maitre. Il faut aimer les gens et considérer l'argent comme un outil. Si on commet l'erreur d'aimer l'argent avant les gens (considérer les gens comme un outil), eh bien on fait partie de celles et ceux qui échouent en affaires.

 Un autre exemple bref. C'est celui de ce tenancier de kiosque de mobile banking toujours dans les environs du marché de Taouyah. Il longe le mur de l'église.

 Un jour, ayant un besoin urgent de transférer de l'argent à une personne, je gare mon véhicule un peut plus loin de son kiosque.

 À pieds, j'entre dans son local. Monsieur se lève immédiatement et vient vers moi avec un large sourire et une poignée de main chaleureuse, me souhaiter la bienvenue, et m'offrir de prendre place dans son fauteuil.

Agréablement surpris, je me suis laissé aller à son jeu et mon expérience client agréable fût des plus mémorables. J'ai pris le soin de partager cette aventure avec mon réseau d'amis virtuels tellement j’avais la conviction que cela méritait d'être su.

 Il y a beaucoup d’exemples tels que ceux-ci à raconter. Cependant, force est de constater que la majorité des expériences malheureuses en service client, s'est passée auprès d’organisations, d’entreprises « formelles » supposées être au fait de ces exigences et avoir un système en place et un personnel formé et professionnel dans le domaine.

 L’expérience client est le seule moyen de fidéliser ses clients


 Client d'une banque importante de la place de Conakry, j'eus parmi tant d'autres, une expérience malheureuse, qui me resta en travers de la gorge, presque 3 ans après les faits.

 Disposant d'une carte visa, je me présente au guichet jouxtant un des principaux ronds points de la capitale, pour effectuer un retrait de huit-cent mille francs Guinéens, soit l'équivalent de 80 euros.

 Après avoir introduit ma carte et saisis le code pin, j’indique le montant souhaité. La machine rend ma carte. 5 minutes d’attente. L'argent ne sort pas. Je refais la manipulation. L’argent sors. Seulement, je constate que mon compte a été débité des huit cent mille que je n'ai pas reçus.

 Je rencontre le responsable de l'agence qui n'a pas du tout été empathique a mon égard. Obligé d'élever le ton, monsieur accepte de diligenter une investigation.

Quelques semaines après, je reçois un texto (ce qui du reste était une innovation qu'ils venaient de mettre sur pieds pour communiquer avec leurs clients) me disant que l’enquête n'a pas permis d’établir que leur institution me doit huit-cent mille.

 Imaginez mon dépit. Ailleurs dans le monde, les institutions financières dignes de ce nom, on comme principe cardinal de « croire en tout ce que le client dit » de prime abord.

Ces institutions se prévalent toutes d'une politique de remboursement flexible et maîtrisée afin d'éviter de frustrer leurs clients. Mieux, ils disposent tous de centres de contact clients qui permettent à leurs clients, victimes de ce types de déconvenues inhérentes au progrès technique, de le notifier en appelant, et que les dispositions idoines soient prises afin que le client soit rétablit dans ses droits dans un délais allant de l'instant à 48 h environs.

  Mon expérience de ce jour, couplée aux dizaines et dizaines de témoignages d'amis de proches d'inconnus dans les innombrables files d'attentes des différentes banques en Guinée, mais pas seulement les banques, traduit une urgence nationale en la matière.

 Il y a des pays comme le Rwanda qui ont pris conscience de cela au haut niveau a travers notamment la manifestation d'une volonté politique d’amélioration exprimée par le president Kagamé. J'en parlais dans ce billet il y a 2 ans.


 https://guineeleadership.blogspot.com/2017/03/le-rwanda-lance-la-guerre-pour-un.html?m=1 


 Ailleurs comme au Canada, il y a un classement appellé « wow » qui évalue les performances des entreprises de différents secteurs d’activité. Là-bas, les entreprises savent que ce n'est pas seulement un prix intéressant qui va fideliser les clients.

Il y a manifestement quelque chose de plus important : l’expérience client.

 Oui en effet, si mon concurrent baisse ses prix par rapport aux miens, eh bien mes clients iront vers lui.

Par contre, si je dispose d'un système de gestion du service client qui permet d’embarquer mes clients dans une expérience mémorable de qualité, eh bien ils vont rester.


 Oui ! Investir dans l’expérience client est rentable



 La plupart part du temps, dans l'esprit des entrepreneurs guinéens que j'ai eu le plaisir de croiser et de servir, en tant que consultant, il demeure un vision simpliste qui consiste à ne se concentrer que sur la génération de revenus; le profit rien que le profit.

 Il y a une fausse croyance selon laquelle investir son temps et ses ressources financières dans des activités tournées vers le client, son plaisir, l'agrémentation de son expérience, est un gaspillage, il y en a même qui vous disent : " ça c'est une affaire de blancs..." La réalité montre que l'on soit blanc ou noir, l'être humain partage une caractéristique commune: nous sommes une boule d'émotions. Et malheureusement, nous avons tous tendance a nous rappeler de la manière dont nous avons ressenti quelque chose.

 Dans les environnements occidentaux, marqués par une forte concurrence et une mutation vertigineuse des besoins des clients, les experts dans le domaine du seservicà la clientèle stipulent qu’investir dans l'acquisition d'outils qui vous permettent de mieux connaître vos clients, leurs besoins, est crucial. Cela est réalisé par une multitude de sondage en ligne notamment et puis aussi à travers les employés en contact avec les clients.

Il faut pouvoir leur donner les moyens de remonter les informations.

 Un magazine de la vie des affaires au Québec a dans un de ses numéros du mois de novembre, partagé le témoignage d'un responsable d'une entreprise canadienne œuvrant dans le secteur des vins et spiritueux. C'était au sujet des enquêtes en ligne notamment. Cette personne affirmait que ces derniers permettaient à la compagnie de savoir très vite si elle va dans la bonne direction ou pas.

Un Professeur en Marketing à HEC Montréal a stipulé que « des tonnes d'études montrent que plus un client est satisfait, plus cela va se répercuter sur la profitabilité de l'entreprise.»

M. Lafrenière, spécialiste de renom en la matière a également stipulé qu'il y avait un coût « à le faire et à ne pas le faire… » et il a fini son propos en donnant l'exemple d'Uber : «Son premier angle d'attaque, c'était l'amélioration de l'expérience client, constate-t-il : elle a créé de la valeur et a vite gagné des parts de marché dans l'industrie du taxi grâce à cela.»

vendredi 19 juillet 2019

La Gouvernance "Allah bèh" : le plus gros frein à notre développement?



Crédit photo: medium.com


"Allah bèh" est une expression en langue nationale soussou en Guinée. Selon certains, le soussou est aux guinéens, ce que le wolof est aux sénégalais.

Elle est parlée par tout le monde quasiment à conakry et dans sa région.
Certains diront "Non je ne suis pas d'avis." Nous les comprenons.

Quoiqu'il en soit, elle signifie ceci : "à cause de dieu..."

L'observation faite des relations sociales en Guinée, inspire ce billet que vous lisez.

Que cela soit au niveau amical, des relations de couple, professionnel et pas des moindres, celui de la gouvernance, "Allah beh" ou "à cause de dieu" demeure une puissante expression, souvent utilisée à des fins d'influence parfois, et très souvent, hélas, peu catholiques.

L'objet de ce post n'est pas d'encourager les uns et les autres à devenir des êtres dénués de sentiments de compassion les uns envers les autres.

L'ambition, c'est d'attirer l'attention sur l'abus qui entoure l'usage de la pratique du plaidoyer à travers "Allah bèh" et partant, de faire comprendre aux uns et aux autres, que c'est bien en cela que réside le frein le plus important à notre chemin vers le développement économique et la prospérité.


L'abus de "Allah bèh" affaibli le respect de la règle, du bon sens, de la loi


Il n'y a qu'en Guinée que vous pouvez être victime de vol, avec tous les risques que comporte l'introduction nocturne d'individus mal intentionnés à votre domicile, et que les sages de la mosquée, du quartier, viennent vous demander de pardonner en y ajoutant l'expression fétiche "Allah bèh."

Parfois, c'est les policiers et gendarmes qui deviennent les messagers en chefs de l'entreprise " Allah beh" afin de vous faire fléchir.

Peu importe la perte de vos biens pouvant se chiffrer à des millions dans le cadre de ce vol.

 Peu importe le choc psychologique que vous avez subi en vous disant :" ils auraient pu me tuer..."

Non! On viendra tester votre foi en vous mettant en face de Dieu par le fameux "Allah bèh." On viendra vous manipuler par cette expression qui vous fera, dans la plus part du temps, fléchir, sous le poids de l'entourage.

Si l'on mord à l'hameçon, comme c'est bien trop souvent le cas, on tue encore une fois, le rêve d'une société régie par le respect des droits et des devoirs du citoyen.

Dans d'autres circonstances notamment au niveau de l'administration, des entreprises, des associations, ce sont les collègues, les amis, parfois même votre mère que l'on mobilisera pour venir vous empêcher de prendre vos responsabilités, de sanctionner lorsque cela est nécessaire.

Un dilemme cornélien pour un responsable 

Elles ne finissent pas les histoires comptées par les responsables, du Président de la République au sous-préfêt, qui traduisent la réalité de la pratique de gouvernance au quotidien, ponctuée de situations de "Allah beh" en permanence.

Au niveau présidentiel, lorsqu'un décret est pris pour sanctionner un ministre ou un haut fonctionnaire pour avoir commis une faute, souvent en Guinée, ce sont les représentants de l'association de sa région d'origine qui vont demander audience et venir plaider la clémence du chef, afin de redonner une autre responsabilité à leur fils.

Le chef, sachant pertinemment que dans l'exercice se ses fonctions, il a besoin politiquement du soutien de ces individus, influents dans leurs localités, aura la tentation de donner suite favorable à leur doléances.

Dans son calcul "risque-opportunité" il préfèrera certainement ne pas frustrer des "leviers" sur lesquels il pourrait s'apesentir "un jour..."

Cependant, une multiplication de ce type de situations, conduit, et le chef le sait très bien, à nuire structurellement à son engagement de transformation des pratiques de gouvernance en faveur de plus de rigueur et de respect de la loi et l'ordre établit.

Que faire? 

Eh bien le remède à ce fléau, pourrait résider, comme pour tous les autres, en la pédagogie.

La pédagogie est peu utilisée dans les dynamiques sociales chez nous.

Elle se limite bien souvent, à l'école. Et encore... Mais là n'est pas le sujet.

Il n'est pas cette entreprise de transformation des habitudes, des mauvaises habitudes, qui puisse réussir, par des dénonciations ponctuelles, dans le cadre de discours, de débats.

Les actions de changement, de tranformation doivent être scientifiquement pensées et mises en oeuvre avec stratégie et ce, dans la durée.

Si on prenait le soin de modéliser dans le cadre d'un film, l'impact agrégé de 100, 500, 1000 "allah bèh" suite à de simples vol de biens, on pourrait faire comprendre à celles et ceux qui se livrent à cette pratique, qu'ils contribuent à retarder la construction d'une société prospère.

Dans la conduite du changement, il est important de susciter l'adhésion des personnes que l'on veut changer. Pour le faire, quoi de mieux que de leur faire comprendre aux chantres du "Allah beh" que ce qu'ils ont à gagner en changeant est supérieur à la situation de statu-quo.

AD

emaildialloabdoulaye@gmail.com













vendredi 21 juin 2019

Nadia Tari Bako : Une success story nigérienne in progress



 Je rends grâce au réseau social professionnel linkedin. Il me permet de rencontrer des personnes magnifiques et inspirantes. Nadia Tari Bako (NTB) est une de ces femmes qui se détachent du lot.

Je ne me souviens plus des circonstances exactes qui on présidé à notre interaction sur LinkedIn mais tout ce que je sais, c'est que son parcours entrepreneurial a tout de suite attiré mon attention. J'ai pu flairer les attributs de leadership exceptionnels chez cette jeune femme nigérienne.

Il y a quelques jours, j'ai eu l’idée de proposer à Nadia de partager avec moi, le fondement de ce qui lui permet d'accomplir ce qu'elle fait.

 Au début, mon intention était de l'appeler et de lui poser des questions pour qu'elle y réponde. Mais, l'intuition m'a suggéré, au regard de son calendrier chargé, de lui demander si elle pouvait bien me faire des audios en s’inspirant d’une série de 4 questions que je lui ai envoyé par email.

 Oui NTB, 7 ans après avoir créé sa première entreprise de services de conciergerie Assistance Tarbiyat, est arrivée à la phase ou les choses « roulent.»

 Elle prépare en ce moment l'organisation de la cérémonie de lancement officielle de la Zone de Libre Échange Continentale (ZLEC) dont le Niger du Président Issoufou a grandement contribué à faire éclore, dans le cadre des travaux de l’union Africaine. Elle s'occupe précisement du côté événementiel avec les questions de catering, logistique notamment.

 J'ai moi-même eu le privilège de représenter le secteur privé guinéen dans les premières réunions d'experts sur la Zlec à kigali et Nairobi en 2017.

 Cet évènement est à la dimension de cette jeune femme de 34 ans, mère de 2 garçons et surtout magnifique épouse de Monsieur Cissé.

 Oui, de Monsieur Cissé, elle ne tarit pas d'éloges et de franchise. A l'écouter, on en est ému aux larmes.

Nous en reparlerons plus tard. Elle s'est livrée à un magnifique plaidoyer pour une vie de couple moderne tout en restant ancrée sur certaines valeurs sacrées.


 Qui est NTB? 


A la question de savoir comment elle se définit, NTB y répond astucieusement en citant ses proches : « Tu es courageuse; Tu nous inspire » « On veux faire comme toi » « tu nous donnes envie d'aller de l'avant » et dans un élan d'honnêteté sans précédent elle cite ceux qui lui disent « tu es une chieuse » avant de confesser être en effet très rigoureuse comme personne et finir tout de même par un fameux « tu as de la joie de vivre quand même… »

 En clair, c’est un personnage très intéressant. Et je vous assure que le Niger et l'Afrique n'ont pas fini d'entendre parler d'elle. J'ai comme l'impression qu'elle est une sorte de Aliko Dangoté en devenir. C'est en tous les cas, tout le mal qu'on peut lui souhaiter.

 Faute de trouver un travail, elle fonde son entreprise 

« la vérité est que j'ai créé cette société parce que mon époux et moi ne parvenions pas à trouver du boulot. Nous avons galéré énormément dans notre recherche d'emploi. Jusqu'à la naissance de mon premier garçon, ce fût très difficile pour nous. La création de la compagnie fut un parcours du combattant parce qu'à l’époque, il n’y avait pas de maison de l'entreprise. Il fallait passer par un cabinet de notaires et ça coûtait 250 mille FCA contre 17500 CFA de nos jours. Pour un couple qui ne travaillait pas, c'était très chaud... Nous n'avions aucune notion de l'entreprenariat... »

Ce témoignage de Nadia répond aux standards de tout processus de création d'entreprise à succès et durable dans le temps.

De Bill Gates aux amis qui ont créé Google en passant par Howard Schultz de Starbucks, ou même Marc Zuckerberg et Sir Richard Branson fondateur du Groupe Virgin et beaucoup d’autres entrepreneurs à succès anonymes, il y a un dénominateur commun : la modestie des débuts. Comme quoi, on a moins besoin d’argent que de muscle de volonté et de résilience à l’entame de l'aventure entrepreneuriale.

 À l'instar de toute création d'entreprise, elle a avoué avoirtraversé des situations pas évidentes : « J'ai souvent voulu abandonner, tout raccrocher. Mais je me suis accrochée; la résilience m'a tenu compagnie. J'ai fini par comprendre qu'on ne réussit que dans ce que l'on aime. Et j'aime faire ce que ce fais. Donc, j’Ai tenu bon. »

 A un moment donné, en 2016, Ericsson Niger lui a fait confiance pour la gestion de l'infrastructure d'hébergement de ses employés expatriés notamment. « Ils m'ont pris comme facility manager et je m’occupais de leur 6 guest houses. Ce fût un grande opportunité d'apprentissage pour moi. Je croyais maîtriser mon domaine mais travailler avec eux m'a vraiment permis de croître. Professionnellement parlant.»



Assistance Tarbiyat est une entreprise sociale



 Elle l'est en ce sens que sa fondatrice veille à tirer les jeunes nigériens qui passent leur temps à boire du thé au coin de la rue, de sortir de la léthargie et de se trouver un gagne pain.

«… Nous leur donnons leur premier outil de travail qui est le cv. Nous les formons puis les déployons chez nos clients. Je prends le temps de sillonner pendant de longues heures les quartiers et carrefours de Niamey pour aller convaincre ces jeunes de nous suivre… »

 Elle poursuit en nous disant ce qu'elle offre comme services : «… Assistance Tarbiyat est une société de services qui offre des solutions de conciergerie aux ménages nigériens ainsi qu'aux entreprises locales. Nous faisons du placement de personnel pour l'assistance à domicile notamment. Nous offrons des compétences dans les domaines de la plomberie, la maintenance électrique, l'entretien des générateurs, les placements de personnels. »

 Depuis 2016, NTB est dans la fourniture de services de catering. « J'aime cuisiner, ma mère aime le faire. C'est un truc qu’on se transmet de mère en fille. Nous travaillons ensemble dans ce domaine et j'avoue par la grâce de dieu, que ça marche très bien. »


D'ailleurs Nadia vient d’organiser récemment à Niamey, le 15 juin dernier, selon le quotidien électronique www.niameysoir.com, la journée de la gastronomie nigérienne « qui a mobilisé des membres du Gouvernement, des familles, amis(es), touristes, jeunes et personnes âgées dans l’enceinte du Centre National de Promotion Touristique (CNPT) sis au quartier Terminus de Niamey. »

 Le quotidien a rapporté les propos de Nadia en ces termes : « Franchement je ne m’attendais pas à voir des membres du Gouvernement défiler ici pour nous soutenir et nous encourager. Nous leur disons tout simplement Merci. »


« Tous les hommes doivent être comme lui »


 L'exception chez NTB c'est aussi l'idée qu'elle se fait de la vie de couple, de son homme. À l'écouter en parler, nous n'éprouvons qu'une seule envie : en faire une adaptation cinématographique, afin de montrer l'exemple à la jeunesse africaine.

Oui, il est possible de vivre au 21ème siècle et de faire reposer sa vie de couple sur les valeurs de l'amour de la solidarité, de la fidélité, de la tolérance mutuelle, de la générosité, de l'entraide.

 « A un moment donné, les clients me demandaient de me déplacer à des heures tardives pour des missions d'assistance. C'est là où j'ai pu convaincre mon mari de me rejoindre afin de prendre la gestion de ce type de prestations pour la satisfaction de nos clients. Il a accepté. La présence de mon mari à mes côtés aide énormément notamment sur les questions de management des employés car dans la culture de notre pays, on conçoit encore très mal de se faire manager par une femme… »

 Nadia, en parlant de son mari, est très émue : « Je ne sais même pas par ou commencer…. » 

Elle trouve tout de même la force de poursuivre en disant ceci de son tendre époux : « Mr Cissé et moi, nous nous connaissons depuis l'enfance. C’était ce que l'on appelle en anglais, un childhood friendship. Nos parents étaient des amis. Il a étudié à Nice moi, au Maroc. En 2011, je rentre à Niamey et nous nous retrouvons. Quelques temps plu tard, nous nous marions. Il n'avait pas de travail. J'étais la première à en avoir un, dans une entreprise de transit. Au départ, Il était réticent au mariage, n'ayant pas d'emploi, à cause de la culture locale qui veut que c’est l'homme qui doit prendre en charge la femme. Je lui ai dit que non, ça n'est pas grave, ça devrait aller pour moi. Jusqu'en 2014, il a vécu une période difficile car il était la risée de son milieu, de ses amis, sa famille, la mienne. Les gens trouvaient ça inadmissible de se faire entretenir par son épouse. J'ai refusé de le laisser être gagné par la déprime. Je le soutenais en lui disant de ne pas faire attention. Sans m'en rendre compte, je l'ai aidé à se surpasser. »

Et Nadia de poursuivre sur son tendre époux en expliquant combien lui aussi a été là; combien son soutien a été déterminant dans ce qu'elle réussit à faire : « il m'a soutenu pendant que personne d'autre ne croyait a ce que je faisais. Malgré le doute, il était là, à mes côtés. Il n'a jamais été un frein dans mes projets. J'ai eu a faire des voyages dans le cadre du Yali, pour 2 mois. C’était dur, mais je l'ai fait avec tout son support. Il me dit souvent Nadia, tant que c'est pour ton succès, ta gloire et tout je ne peux être un facteur bloquant. Et ça, en Afrique de l'Ouest, dans notre contexte social, c'est pas donné pour un homme d'avoir un tel état d'esprit. Et d'ailleurs mes amies m’envient comme pas possible pour ça, car personne n'arrive à comprendre d’où est ce que mon mari puise cette force pour me permettre de faire ce que je fais. C'est ce qui donne de la consistence à notre couple. Voilà pourquoi je ne cesse d'en parler. Pour montrer l'exemple car je me dis que tous les hommes doivent être comme lui. Ils doivent comprendre qu'ils doivent laisser leurs épouses réaliser leur rêve car la femme aussi pense famille. Mon mari à réussi à comprendre que sa vie, celle de nos enfants, aussi se réalise autour de moi. Il a compris et nous souhaitons inspirer les autres à comprendre cela.»

 C'est en tous les cas tout à l’honneur de monsieur Cissé, lequel a réussi à vaincre les préjugés du « contexte social, et religieux » selon Nadia.

 Sur le plan de la conciliation vie professionnelle vie de famille, Nadia stipule qu'à partir du moment où elle a un mari qu'elle a décrit plus haut, il n'y a pas de problème: «.... je respecte mon époux, reconnaît sont statut de patriarche, tout se passe bien.... »

On voit donc combien de fois l'harmonie de cette union, son équilibre, repose sur une symbiose parfaite entre traditions et modernité dont à n’en pas douter, Nadia, du fait de son intelligence, sa maturité, dispose des clés.


 « nos mamans ont trop dormi »



 NTB a réservé la dernière partie de ses enregistrements à répondre à la question de savoir quels conseils donner aux femmes en Afrique.

 L'écoute de ses propos traduisent la vision qu'elle porte. La vigueur de sa diction trahissent une farouche énergie d'une femme engagée dans l'émancipation de ses congénères.

 « Je suis de 1985 et je sais que toutes les femmes de cette génération sont les adultes d’aujourd’hui. C'est vraiment nous qui faisons l'histoire aujourd'hui car nous avons entre 30 et 34 ans. Je les invite à se battre, de bien choisir leurs conjoints, qu'elles les façonnent, les aide à comprendre que cette vie ne peux se faire sans la femme. Je veux qu'elles soient beaucoup plus résilientes car lorsque femme veut elle peut. Celles qui sont allées à l'école doivent continuer à faire valoir leurs compétences et lutter pour exister. C'est en tous les cas le message que je donne car moi je suis une travailleuse, je reste focus sur mes objectifs. Nous devons éduquer, encadrer nos petites filles à être comme nous; à ne pas s'endormir comme nos mamans se sont endormies. Nos mamans ont trop dormi. Aujourd'hui, j'ai une maman qui souhaite me voir réaliser tout ce qu'elle n'a pas pu faire. Elle me pousse. Cela montre à quel point elles ont pris conscience qu'elles se sont trop laissé faire… »

Nadia termine son propos en invitant les femmes à ne pas « tout laisser à la charge de l'homme dans le foyer conjugal. On a notre contribution à apporter, un rôle à jouer et ça les hommes doivent le comprendre… »


Quelles leçons tirer de tout ça?


 Par l'exemple de Nadia, j’ai souhaité envoyer un message à la femme africaine en général et surtout à la femme guinéenne. Il y a des exemples d’émancipation comme celui de Nadia mais le sien viens renforcer, donner de la vigueur à l’exigence de progrès inexorable de nos sociétés, de nos mentalités.

 Il y a aussi un message qui s'adresse aux hommes. Oui les hommes en majorité sont frileux de voir leurs épouses devenir « quelque chose. »

Je les invite à accueillir cela d'un bon œil à les soutenir.

Récemment, je plaisantais par watshapp avec une amie Kenyane, Dr Everlyn Nyangiro, que j'ai connu a Grenoble il y a une quinzaine d'années. Je lui ai envoyé par whattshap, un article insolite montrant les femmes kenyanes qui manifestaient dans les rues de Naiorbi, contre le fait qu'il n'y ait plus  assez d'hommes pour "les satisfaire intimement parlant."

 Alors Everlyn, d'une manière très objective, s'est évertuée à m'expliquer qu'en réalité « C’est la manifestation regrettable de l'indépendance que la femme kényane a acquise ces derniers temps. Les hommes vivent mal le fait de ne plus être ceux qui apportent tout à la femme. Ils sombrent donc dans l'alcool et se méfient même de se marier car certaines ne sont pas très diplomates dans leur quotidien conjugal… »

 Alors, j’espère que le témoigne de Nadia inspirera nos sœurs du Kenya et d'ailleurs sur le type de leadership conjugal adopter afin de préserver l'équilibre du couple.

 AD


 Email : emaildialloabdoulaye@gmail.com 

mercredi 12 juin 2019

« Débat Sans Passion » ou l'expérience singulière d’un groupe de discussion sur facebook qui mérite attention.




Bouna Condé, un jour de 2012, frustré par son expérience des groupes de discussion composés pou la majorité de guinéens de l’intérieur et de la diaspora, d'un clic décidé, créé le « DSP.»

 Génèse et notoriété

 « J'en avais assez de voir des invectives centrées uniquement sur la personne; des injures dégradantes et violant pour la plupart du temps, la dignité des uns et des autres. Le débat sur les problématiques touchant la société guinéenne, en lieu et place de l'enrichissement mutuel, devenait au fil du temps, un facteur d’accentuation de la fracture, de la division entre les guinéens. Ça n'était pas la conception que je me faisais de l'opportunité de rassemblement, de fraternité virtuelle, qu'offre Facebook… » 

DSP, de 2012 à maintenant, à connu un succès fulgurant. Le 12 juin 2019, il affiche 5133 membres. La notoriété de ce groupe ne cesse de croître.
Toutes les semaines, des dizaines de personnes frappent à sa porte soit par recommandation des membres acceptés, soit par initiative personnelle à travers le système de promotion du réseau facebook. Il a d'ailleurs été le point de départ de mouvements du monde réel, regroupant des jeunes femmes membres qui se sont soulevées il y a environ 3 ans, contre la violence faite aux femmes. Bouna, un franco-guinéen vivant sur la côte d'azur en France, aidé d'autres guinéens de l'intérieur et de l'extérieur, on pensé à concevoir une charte « afin de fixer les règles du débat sans passion. Pour éviter que l'on s'insulte. Pour s'assurer que si violation de la règle il y a, eh bien qu’une séries de sanctions proportionnelles à la faute commise par le membre soient appliquées. Elle vont de la sourdine des commentaires à l’exclusion temporaire ou définitive. » Du gouvernement de la république aux communes rurales de développement en passant par les entreprises locales et internationales présentes en Guinée ainsi que les institutions internationales, les membres actifs sont dans toutes les composantes de la société guinéenne. De Fodé Oussou Fofana Vice Président du premier parti d'opposition à Baïdy Aribot, actuel vice gouverneur de la Banque Centrale de la République il y a de grandes figures de la vie nationale qui font honneur à se forum de venir échanger directement avec leurs concitoyens.

De ce point de point de vue, c'est une des grandes avancées dont ce forum peut se prévaloir.

 Il existe aussi une radio virtuelle et un site internet www.dspguinee.org Monsieur Siaka Barry, ancien ministre de la culture, était au paroxysme de son activisme sur DSP lorsqu'il fût nommé au gouvernement.

 Défis et perspectives

 Au même titre que le défis auquel facebook en tant qu'entreprise est confronté, le DSP est d'une certaine manière, victime de sa notoriété.

 De nos jours, les représentants de toutes les sensibilités politiques trouvent en ce forum, un cadre valeureux pour exercer leur militantisme. Cela ne se fait pas toujours dans les règles de l'art. La publicité politique avec tout son corollaire d'informations parfois pas en règles avec la vérité, est devenue monnaie courante.

 Le collège des administrateurs et modérateurs actuels (ils sont au nombre de 8) voient leur engagement bénévole au quotidien devenir de plus en plus prenant.

Assurer une veille constante et permanente afin de faire respecter l'esprit de la charte est devenue une activité stratégique. Le nombre de mises en gardes et de sanctions augmente de manière exponentielle.

 Il y a des frustrations qui naissent de la part des personnes sanctionnées. Fondées ou infondées, il faudrait peut être penser à créer un tribunal du DSP avec des magistrats compétents en la matière, pour établir la légitimité des sanctions prises par l’administration.

Bref, bien que virtuelle, la communauté DSP vit les mêmes réalités que celle de la société guinéenne dans son ensemble.

 La problématique du respect de la loi, de la règle, de l'ordre établi, l’acceptation ou le rejet de la sanction.

 Mory Camara, un des administrateurs s'exprime en ces termes sur la question de savoir comment optimiser le processus de modération du forum sans empiéter sur la liberté D’expression des membres : « il faut non seulement être vigilant afin d'éviter tout excès susceptible de mettre à mal la cohésion du groupe. Mais également être visionnaire afin d'anticiper les défis futurs. »

 En effet, parmi ces défis, il y a inéluctablement la concurrence. Comme dans toute œuvre humaine à succès, son mérite se mesure aux nombre d'initiatives similaires qui naissent.

S'agissant du DSP, elles existent. Elles innovent à leur manière, conduisant le DSP à adapter son offre et à initier de nouvelles choses pour mieux entretenir l'attrait de ses membres.

 Ainsi, les internautes guinéens continuent de naviguer entre ces différents groupes au sein desquels des débats avec et sans passion continuent de se tenir à longueur de journée.

 Cela a un effet constructif majeur, celui d'accentuer les échanges entre guinéens et en cela, il n'y a que du bonheur. On doit continuer à veiller à ce que le côté pervers soit maîtrisé pour ne pas exacerber le malaise social, et être un catalyseur involontaire de conflits.

AD


 emaildialloabdoulaye@gmail.com

Sélection du message

Toujours etre en quete d'inspiration....

La raison d'être de ce blog est de se positionner en source d'inspiration pour les leaders, les aspirants leaders, toute personne qu...